CIJS/Campagne Internationale Justice pour Sankara
Le régime compaoré: de l’affaire Sankara aux autres affaires…
Thomas
Sankara a incarné, de 1984 à 1987, la dernière expérience progressiste de
développement en Afrique. http://www.thomassankara.net,
le site qui lui est consacré l’illustre bien. Qualifiée de révolutionnaire,
l’ère sankariste a changé le nom du pays, qui de la Haute Volta est devenue la
patrie des humains intègres, Burkina Faso. Durant ce bref épisode, le pays
pauvre et enclavé a donné une leçon de courage et de détermination aux pays du
tiers monde. Malgré des erreurs, les réalisations des trois années de la
révolution ont été telles que toute l’Afrique en garde un indélébile souvenir.
Thomas
Sankara a tenté de sortir du mode néocolonial de croissance en misant sur la
condition féminine et les paysans et en tentant un développement autocentré,
une gestion patriotique des deniers publiques et une politique
internationaliste. Voici un extrait de son discours à la tribune de l’assemblée
générale des Nations Unies :
Je crie au nom des journalistes qui sont
réduits soit au silence, soit au mensonge, pour ne pas subir les dures lois du
chômage. Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont
exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l'esclavage moderne.
Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse
douloureuse de toutes les souffrances de l'humanité, mais aussi et surtout des
espérances de nos luttes. C'est pourquoi je vibre naturellement au nom des
malades qui scrutent avec anxiété les horizons d'une science accaparée par les
marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la
destruction de la nature et à ces trente millions d'hommes qui vont mourir
comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim. Je m'élève ici
au nom de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils
pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération,
réellement. Sur cette tribune beaucoup m'ont précédé, d'autres viendront après
moi. Mais seuls quelques-uns feront la décision. Pourtant nous sommes
officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte-voix de tous
ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire
entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les laissés pour compte à
parce que je suis homme et rien de ce
qui est humain ne m'est étranger.
L’expérience a été brutalement stoppée le 15
octobre avec son assassinat, et celui d’une dizaine de ses collaborateurs.
Jusqu’à aujourd’hui son certificat de décès mentionne qu’il est décédé de mort
naturelle.
Le régime
du Burkina Faso s’est évertué durant ces 19 années à cacher la vérité à son peuple,
à exécuter ou à intimider ses opposants, à instrumentaliser ou à museler la
justice et la presse.
Mariam et Thomas Sankara et
leurs fils Auguste et Philippe
Au nom de
Mariam Sankara et de ses enfants, durant les 9 dernière années, la Campagne
internationale Justice pour Sankara a défendu les droits de Thomas Sankara
devant toutes les instances du Burkina Faso, puis devant le Comité des droits
de l’homme. Voir les différentes communications postées au site de coordination
de la campagne : www.grila.org . Le
régime Compaoré a tout fait pour décourager cette initiative. Cet acharnement
logique avec le comportement qu’il a eu avec ses opposants, n’est rien comparé
aux exactions perpétrées dans la sous-région et ailleurs en Afrique comme
l’atteste le dossier des témoignages ici rassemblées. De connivence avec
Charles Taylor, à l’attentat contre l’avion des présidents rwandais et
burundais, en passant par la violation de l’embargo contre l’UNITA d’Angola ou
la déstabilisation de pays frères… Derrière le vernis de démocratie, de
stabilité et de soutiens extérieurs se cache une réalité que l’histoire exhibe
petit à petit.. Il est désormais temps que Charles Taylor parle.
Blaise Compaoré replaçant la
cravate de Jacques Chirac. Sommet de la Francophonie de 2004 à Ouagadougou
© Issouf Sanogo/ AFP
Charles Taylor devant le
tribunal spécial de Sierra Leone
3 Avril 2006
BBC
Plusieurs
versions de ce qui s’est passé le 15 Octobre 1987 puis dans l’évolution du
régime Compaoré existent. Ici sont réunis pèle-mêle divers témoignages sur les
péripéties de l’assassinat de Thomas Sankara, sur les complicités entre les
régimes Compaoré, et Charles Taylor dans la sous-région.
Blaise Compaoré , entre Lingani et Zongo ses complices aux lendemains
de l’assassinat de
Thomas Sankara. Compaoré fera exécuter ses deux acolytes quelques mois plus tard
Voici
le discours officiel du président Compaoré suite à l’assassinat de son ami
Extrait de la Proclamation du 15 Octobre 1987 :
Peuple
du Burkina Faso, l'accélération de l'histoire fait souvent défiler les
événements à une allure telle que la maîtrise par l'homme des faits devient
impossible, rendant celui-ci artisan de situations non désirées. Les instants
tragiques que nous avons vécus le 15 octobre courant font partie de ce type
d'événements exceptionnels que nous fournit souvent l'histoire des peuples. En
tant que révolutionnaires, nous devions avec courage assumer nos
responsabilités. Nous l'avons fait à travers la proclamation du front
populaire. Nous continuerons à le faire sans faille et avec détermination pour
le triomphe des objectifs de la Révolution d'août. Ce dénouement brutal nous
choque tous en tant qu'êtres humains et moi plus que quiconque pour avoir été
son compagnon d'armes, mieux, son ami. Aussi, pour nous, il reste un camarade
révolutionnaire qui s'est trompé.
In Message à la nation du président du
front populaire, le camarade capitaine Blaise Compaoré le 19 octobre 1987.
Blaise Compaoré est interrogé par Martine Laroche Joubert et A. Saingt de la chaîne française Antenne 2 le surlendemain de la mort de Thomas Sankara (transcription fidèle et textuelle, copie conforme de l'extrait de la bande vidéo en annexe de la communication CIJS présentée au comité des droits de l’homme de l’ONU):
"Nous pensons que c'est un devoir pour nous d'arranger sa tombe,
de respecter sa mémoire"
-Vous avez des regrets?
"Oui, d'avoir perdu un ami bien sûr, et des regrets aussi qu'à un
moment de sa vie il ait pensé à nous liquider, c'est dommage, hmmm, oui,
hmmm..."
-A la question de savoir ce qui c'est passé ce jour là, le président
bredouille:
"Non.. .j'ai dit que j'étais pas, que j'étais chez moi, j'étais même malade, et lorsque ça tirait… heuu…ou je... des camarades… heuu un camarade ..enfin qui était chez moi peut le confirmer… je pensais même que c'était ma maison que l'on attaquait, je suis sorti même de ma maison avec mon arme pour me défendre, donc..."
Gilbert Diendéré déclare dans Sankara, Compaoré et la révolution burkinabée de Ludo Martens, aux pages 65 et 66 :
Le 15
octobre donc, à la réunion des officiers, des éléments du palais ont accusé les
militaires de Pô d'être venus pour tramer un complot . L'atmosphère a chauffé.
Nous nous sommes séparés sans qu'un accord soit réalisé. Il paraît qu'au même
moment, une autre réunion se tenait à la présidence, à laquelle Sigué et
d'autres chefs de corps assistaient. Mais le registre de la présidence a
disparu après le 15.
Comme les soldats de la garde présidentielle appartiennent à notre bataillon,
tous n'étaient pas partisans de l'affrontement. Ainsi le chauffeur de Sankara,
le caporal Der et d'autres sont venus nous prévenir que Compaoré, Lingani et
Zongo seraient arrêtés ce soir. Pendant la réunion de l'OMR (ndlr :
Organisation militaire révolutionnaire), le conseil serait encerclé par les
troupes de la FIMATS (ndlr : Forces d'intervention du ministère de
l'administration territoriale et de la sécurité) et de l'ETIR (ndlr : Escadron
du transport et d'intervention rapide). Un groupe de militaires devrait mettre
les trois en état d'arrestation, tandis que le gros des forces devrait se tenir
prêt à toute éventualité. Bien qu'on ne nous eût pas exactement parlé de
liquider les trois, nous étions convaincus qu'une tuerie ne pourrait être
évitée. Les trois ne se laisseraient pas prendre sans réagir et des hommes
comme Sigué et Koama n'hésiteraient pas une seconde à les descendre. Notre
réaction a été qu'il fallait arrêter Sankara avant que l'irréparable ne se
produise. La décision a été prise dans un climat général d'inquiétude proche de
la panique. Nous n'avions pas vraiment le choix. Nous n'avons jamais pu croire
que Sankara allait s'en prendre à ses trois compagnons. Blaise était à la
maison, malade. Nous n'avons pas voulu le prévenir parce que nous savions qu'il
ne serait pas d'accord pour arrêter Sankara. C'était une décision grave, mais
il faut s'imaginer la panique qui régnait à ce moment parmi nos soldats.
Nous savions que Sankara avait une réunion au conseil à seize heures et nous
avons décidé d'aller l'arrêter là-bas…
Peu après seize heures, la Peugeot 205 de Sankara et une voiture de sa garde
sont arrivées devant la porte du pavillon ; une deuxième voiture de la garde
est allée stationner un peu plus loin. Nous avons encerclé les voitures.
Sankara était en tenue de sport. Il tenait comme toujours son arme, un pistolet
automatique, à la main. Il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. A ce
moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la
situation a échappé à tout contrôle …
Après les événements, j'ai téléphoné à la maison de Blaise pour le mettre au
courant . Quant il est arrivé, il était fort découragé et mécontent, surtout
quand il a constaté qu'il y avait treize morts.
Le coup a été donc fait à l'insu de Blaise Compaoré!
Ce dernier d'ailleurs déclare dans le livre précité à la page 67 :
Lorsque je suis arrivé au Conseil de
l'Entente après la fusillade et que j'ai vu le corps de Thomas à terre, j'ai
failli avoir une réaction très violente contre ses auteurs. Cela aurait sans
doute été un carnage monstre dont je ne serais certainement pas sorti vivant.
Mais quand les soldats m'ont fourni les détails de l'affaire, j'ai été
découragé, dégoûté. Je suis resté prostré pendant au moins vingt-quatre heures…
Quand j'ai demandé à mes hommes pourquoi ils avaient arrêté Sankara sans me le
dire, ils m'ont répondu que s'ils l'avaient fait, j'aurais refusé. Et c'est
vrai. Je savais que mon camp politique était fort. Thomas ne contrôlait plus
l'État. Je n'avais pas besoin de faire un coup d'État. Mais, mes hommes ont
pris peur quand ils ont appris, l'après-midi, que nous devions être arrêtés à
vingt heures.
Les deux meilleurs
amis du monde Thomas et Blaise
Le Matin de Paris en date du 27 octobre 1987, repris dans Il
s'appelait Sankara de Sennen Andrianmirado donne une autre version de
l’événement et cite le témoignage d'un élément commando :
Le Lieutenant nous a prévenus le matin seulement de nous préparer pour anéantir le président parce que maintenant, il était insupportable. Blaise le connaît mieux que quiconque : il sait que même si on allait l'enfermer, il allait sortir par un trou de fourmi.
"En vérité, ce jour-là, Thomas Sankara se trouvait en réunion de travail
avec quelques-uns de ses collaborateurs dans une salle au Conseil. A 70 mètres
de là, toujours dans le conseil, une 504 blanche démarra. A son bord, 7 personnes.
Le véhicule arrive sur le lieu de la réunion. Les quelques éléments de la
garde devant la salle ne s'en inquiètent pas outre mesure, parce que ce sont
leurs collègues. Le véhicule se gare, en descendent K.H ; O.A.O ; N.N ; N.W
; O.N ; T ; K.M. qui ouvrent le feu immédiatement. Un gendarme et deux chauffeurs
sont fauchés. Ils s'écroulent. Thomas Sankara dans la salle où il se trouve
entend la fusillade et se lève, son pistolet à la main et dit à ses collaborateurs
"restez, restez, c'est moi qu'ils veulent !". A peine a-t-il franchi
la porte qu'il est pris par la mitraille nourrie d'un des "anéantisseurs".
Il s'écroule. S'arrête-t-on là ? Non. Les assaillants rentrent dans la salle
et exécutent ses collaborateurs. "
Seize ans après, au micro de Christophe Boisbouvier, journaliste de RFI qui lui demande si "l'homme qui a laissé tuer Thomas Sankara peut donner des leçons de droits de l'Homme à quelqu'un d'autre?", Blaise Compaoré répond clairement :
Je ne pense pas qu'il y ait un pays au monde où il n'y a pas eu des
problèmes ou de conflits politiques qui ont entraîné la mort d'un homme ou de
deux hommes. Mais quand vous parlez d'un homme ou de deux, dans d'autres pays,
on parle de milliers d'hommes. Le Burkina Faso, malgré les épreuves difficiles
qu'il a traversées, vous pouvez faire une comptabilité. C'est dommage qu'elle
soit macabre, mais vous verrez qu'il compte parmi les nations qui ont su
préserver les cinquante dernières années, la vie humaine.
Thomas Sankara
Les dizaines d’assassinats politiques qui ont constellé le régime politique de Compaoré se sont couronnés par l’atroce assassinat, maquillé en accident, du célèbre journaliste Norbert Zongo et trois de ses compagnons.
Le 13 décembre 1998, Norbert Zongo, directeur de L'Indépendant, et trois de ses compagnons ont été retrouvés morts à Sapouy (100 km au sud de Ouagadougou). Ils ont été tués par balle puis leur véhicule a été incendié. Norbert Zongo avait longuement enquêté sur le cas de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré (frère du président), torturé à mort par des membres du RSP.
http://www.rsf.org/rsf/html/afrique/rapport/burkina/zongo/zongo1.html
Le général Tarnue, reconnaissait le 4 octobre 2004 devant la Cour internationale spéciale du Sierra Leone, avoir été témoin du complot ourdi par Blaise Compaoré et l’ancien chef rebelle puis d’État du Libéria Charles Taylor pour assassiner Thomas Sankara.
http://www.sc-sl.org/Transcripts/RUF-100404.pdf
Son témoignage a été versé à la preuve par la CIJS devant l’ONU. Depuis lors Charles Taylor a été arrêté et déféré devant la Cour pénale pour le Sierra Léone. Il y répondra de nombreux chefs d’accusations liés à son intervention dans les exactions en Sierra Leone. Charles Taylor en se prétendant rebelle panafricaniste a été, en compagnie d’une poignée de ses hommes, accueilli par Blaise Compaoré juste avant l’assassinat de Thomas Sankara. Lors du coup certains éléments libériens ont sécurisé la zone autour du Conseil de l’Entente ou se trouvait Thomas et ses collègues. Formés et entraînés au Burkina Charles Taylor et ses hommes iront ensuite à la conquête du Libéria. Ils y sèmeront la guerre civile, puis déstabiliseront le Sierra leone. Plusieurs analyses dont des extraits ci-après réunis incriminent le régime Compaoré en illustrant sa participation dans la violation de l’embargo de l’ONU contre l’UNITA de Jonas Savimbi; dans l’organisation du complot pour abattre l’avion transportant les présidents rwandais et burundais qui déclencha le génocide au Rwanda; dans le trafic de diamants et d’armes avec la nébuleuse terroriste d’Al Qaida; dans la déstabilisation de la Guinée; dans la guerre civile en Côte d’Ivoire.
Charles Taylor ex-président du Libéria, chef de guerre
et prévenu devant le tribunal spécial du Sierra Léone
Charles Ghankay Dahkpannah Taylor est né en 1948 dans une banlieue aisée de Monrovia d'un père Noir américain et d'une mère libérienne. Diplômé d'économie du Bentley College, dans le Massachusetts, il entre en 1979 dans la fonction publique libérienne où il obtient le surnom de «superglu», pour sa tendance à conserver une part importante de l'argent qui passait entre ses mains. Accusé par le président Samuel Doe en 1983 du détournement de 900 000 dollars, il se réfugie aux États-Unis où il est emprisonné avant de s'évader et de fuir en Côte d'Ivoire. Il se lie alors à la Libye et au président burkinabé Blaise Compaoré
Charles Taylor, déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest dans les
années 90,
in AFP, 25 mars 2006, repris par Le Figaro et Le Monde
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-755656@51-749170,0.html
Le jour de l'assassinat de Sankara, il y
avait à Ouagadougou un personnage qui deviendra célèbre par la suite : Charles
Taylor, déjà l'ami de Blaise Compaoré. En fait le meurtre de Sankara est en
quelque sorte un meurtre fondateur d'un pacte de sang, ce que j'appellerai le
" consortium de Ouaga ". Celui-ci allie la Libye, Compaoré, des gens
en Côte d'Ivoire dont le général Guéï, Houphouët à l'époque, des gens comme
Taylor, et un bout de Françafrique, d'obédience plutôt pasquaïenne. A partir de
1987, le Burkina sous Compaoré est devenu la plateforme centrale de manoeuvres
de déstabilisation en Afrique : le Libéria, la Sierra Leone, la Guinée. Des
manœuvres hautement profitables menées par des seigneurs de la guerre, où l'on
voit fleurir trafic d'armes, de drogues, de matières premières, de diamants,
etc…
Deux ans à peine après l'installation de
Compaoré au Burkina, Taylor a attaqué le Libéria. Il a tellement détruit ce
pays qu'à la fin les gens ont voté pour lui en le suppliant d'arrêter
l'horreur. Deux ans après, il a envoyé le RUF en Sierra Leone. Donc tous ces
gens-là - Compaoré, Taylor, Houphouët - ne sont pas vraiment des enfants de
choeur.
François
Xavier Verschave durant la journée "Côte d'Ivoire" organisée le 11
janvier 2003 à Grenoble.
François-Xavier Verschave cité in http://www.rezoivoire.net/pointdevue/index.php
Illégitimité
du régime
Blaise
Compaoré a pris le pouvoir au Burkina Faso en 1987 en prenant la tête d’un
complot qui a assassiné le président Thomas Sankara. Cet accès illégitime à la
tête du pays est appuyé par la Libye de Mouammar Kadhafi, par la Côte d’Ivoire
de Félix Houphouët-Boigny, la France de François Mitterrand et Jacques Chirac,
et en alliance avec le futur chef de guerre rebelle libérien Charles Taylor.
Son règne est ininterrompu à ce jour suite à deux élections frauduleuses.
Va-t-on
honorer un chef d’État sans légitimité démocratique ?
Déstabilisation
géopolitique
De
l’alliance contractée autour de la mort de Sankara naîtra une
"entreprise" profondément destructrice et déstabilisatrice en Afrique
de l’Ouest. Le martyre de cette région commence au Libéria en 1989, où le
régime Compaoré, entre autres, aide la première guerre putschiste
hypercriminelle de Charles Taylor, qui conduira celui-ci au pouvoir au bout de
huit années. Blaise Compaoré restera ensuite, avec Mouammar Kadhafi et Henri
Konan Bédié (Côte d’Ivoire), l’associé de Charles Taylor dans la guerre du même
type menée en Sierra Leone. Cette guerre a ensanglanté la région pendant de
nombreuses années, faisant des centaines de milliers de morts, multipliant des
enfants-soldats drogués, rendus fous, exterminant et amputant avec sadisme les
civils des zones conquises. Durant toute cette période, le Burkina Faso a servi
de plaque tournante du trafic d’armes malgré l’embargo décrété par la CEDEAO
(Communauté des États d’Afrique de l’Ouest) : la France y pourvoyait de façon
"légale" (n’étant évidemment pas membre de la CEDEAO). En septembre
2002, c’est en large partie avec les armes et les mercenaires du Burkina Faso
et du Libéria que des mouvements rebelles entreront en Côte d’Ivoire, présidée
par Laurent Gbagbo... Ce pays dont l’explosion paraît aujourd’hui
dramatiquement imminente, et où des militaires français sont en position
d’interposition par milliers.
Peut-on
concevoir d’honorer Blaise Compaoré malgré son rôle dans ces atrocités ?
Répression
interne
Il serait
laborieux de résumer les innombrables actes de répression interne arbitraire.
Certains assassinats sont plus symptomatiques, comme celui de David Ouedraogo,
chauffeur du frère du chef d’État, et surtout, le 13 décembre 1998, celui du
journaliste le plus populaire du continent, Norbert Zongo : ce dernier
enquêtait sur le sort du chauffeur, après avoir dénoncé de nombreux trafics
scandaleux commis par le régime (pillage des mines d’or, vaste escroquerie sur
des pesticides, etc.). Quant au bien public, Blaise Compaoré a tenté de fermer
l’Université de Ouagadougou en octobre 2000, et d’invalider l’année
universitaire 1999/2000, pour cause de revendications d’étudiants. Seule une
réaction massive et internationale à ce projet l’en a dissuadé.
Pour
Survie Rhône : extrait de la lettre contre la remise du titre de Docteur
Honoris Causa à Monsieur Blaise Compaoré par l’Université Jean-Moulin - Lyon
III.
Jean-François
Koehrer, président et Pierre Caminade, administrateur http://survie.69.free.fr/agenda/Compaorelettre.htm
Se
chargeant d’alimenter Taylor en armes de tout genre, Compaoré s’est gravement
impliqué dans le conflit libérien. Dans la guerre sierra-léonaise, la paire Compaoré-Taylor
aura été très active. C’est à juste titre que les Etats-Unis ont vivement
dénoncé la connexion Compaoré-Taylor. Pour le pays de l’oncle Sam, ce sont ces
deux présidents qui ensanglantaient l’Afrique de l’Ouest. Avec la déchéance de
Taylor, Blaise Compaoré est de plus en plus menacé par les Américains qui
jurent d’avoir sa peau pour violation des droits de l’homme.
http://news.abidjan.net/article/index.asp?n=184062
‘’Il y aura alors, pour en revenir à votre question, des risques que Blaise
Compaoré soit appelé en cause dans la procédure au vu de toutes les charges qui
pèsent sur lui en sa qualité d’éminent membre de l’association. Des preuves,
sous forme de témoignages, d’enquêtes et même d’aveux, établissent qu’il est de
la co-action avec Charles Taylor pour lui avoir notamment fourni des
assistances multiformes (facilités de déplacement, acquisition et remises
d’armes, écoulement de diamants du sang, ouverture de comptes sous de faux
noms...) pendant plus de 15 ans afin de le soutenir dans ses guerres de
prédation sanglante, dont il tirait mutuellement profit. On se trouve bel et
bien ici dans le cas de crimes commis en association et les peines encourues de
ce chef par les parties aux crimes, c’est bien connu, sont les mêmes….Ce fameux
certificat d’utilisateur final d’achat d’armes est l’un des pots aux roses qui
a été découvert il y a quelques années et qui apparaît comme une des pièces
maîtresses (un des corps du délit) qui fonde, aux yeux de beaucoup, à tout le
moins, la complicité du régime burkinabé dans les crimes que l’on reproche à
Charles Taylor. Si en effet, tout le monde savait que le régime burkinabé était
impliqué dans le conflit libérien dès 1989, ce que l’on savait moins, c’est
qu’en dépit des embargos sur le Liberia et la Sierra Leone, il continuait à
fournir des armes à Charles Taylor, qui de son côté, alimentait le RUF, alors
en guerre de prédation en Sierra Leone. La combine, pour contourner les
embargos, aurait consisté, de la part du pouvoir burkinabé, à acheter des armes
à l’Ukraine avec, comme cela est de rigueur, un certificat d’utilisateur final
pour donner l’assurance au vendeur que les armes resteront bel et bien au
Burkina Faso. Sylvie Lorthois, Chercheuse à Amnesty International (que le juge
du tribunal pénal spécial sur la Sierra Leone gagnerait à auditionner) en a
éloquemment démonté le mécanisme sur RFI le 17 mars dernier. Une fois le marché
conclu et la marchandise livrée, les armes ont été tout simplement refilées à
Charles Taylor qui, à son tour, en a doté Fodé Sankoh pour qu’il continue à
faire son travail au nez et à la barbe des embargos onusiens. Cela dit, il n’y
a pas que ce fait qui soit brandi pour affirmer la complicité entre le régime
en place et Charles Taylor : il en est bien d’autres comme je vous le
soulignais tantôt
Herman Yameogo, opposant non sankariste du Burkina répondant à une entrevue
à l’Occidental, http://www.loccidental.net/sommaire_texte.php3
‘’..l'ancien président libérien s'est
attaché les services de son homologue burkinabé, Blaise Compaoré. Le président
burkinabé, pour parler comme l'autre a fait tandem avec Taylor. Ainsi parfois,
le Burkina Faso a été érigé en deuxième base arrière des mouvements rebelles
déstabilisant l'Afrique de l'Ouest. Pendant que des éléments du MPCI
attaquaient l'Ouest de la Côte d'Ivoire, d'autres faisaient entrer des armes au
Nord en provenance du Burkina Faso. Blaise Compaoré et Taylor, comme des chefs
de gangs, pour tirer les dividendes de la déstabilisation des différents pays
ont mis sur pied un réseau de trafic d'armes, de diamant et diverses matières
premières. Ce tandem a été dénoncé par plusieurs rapports des organismes internationaux,
et cela a amené le Conseil de sécurité de l'ONU à prendre une mesure d'embargo
contre le diamant et le bois en provenance de Monrovia.
Si l'on veut être conséquent avec
soi-même, le procès de Charles Taylor ne peut épargner Blaise Comparé. Ils ont
tout deux contribué activement à la déstabilisation de la sous région
ouest-africaine. Le président burkinabé, particulièrement cité dans la crise
ivoirienne, n'a jamais nié sa participation et son soutien à la rébellion
ivoirienne. Il prétend avoir largement informé les autorités ivoiriennes de la
présence d'anciens soldats ivoiriens au Burkina Faso.
Aujourd'hui, le chef de l'État burkinabé
peut se frotter les mains, puisque son pays fait partie des exportateurs de
café-cacao en Afrique de l'Ouest.
Liberia: Le jugement de Charles Taylor
doit conduire à la poursuite de Blaise Compaoré ».
Notre Voie (Abidjan) 30 Mars 2006 Publié
sur le web le 30 Mars 2006
César
Ebrokié, http://fr.allafrica.com/stories/200603300658.html
Charles Taylor en tenue traditionnelle au
fait de sa gloire
·
‘’Le groupe politique « Alternance 2005 »
est pour sa part, allé jusqu'à saisir d'une requête la Cour Pénale Internationale,
par son historique « Appel pour la constitution d'une commission d'enquête
internationale sur les ingérences et les crimes impunis du régime Compaoré »,
en date du 14 avril 2004. Il y était notamment souligné ceci : « Les partis
politiques, signataires du Mémorandum, sont d'autant plus attachés à la mise en
place d'un tel instrument d'investigation que les accusations récurrentes qui
pèsent sur le Burkina Faso relèvent de la compétence des juridictions
internationales : commerce illégal d'armes, de diamants, ingérences au Libéria,
en Sierra Leone, en Angola, en Côte d'Ivoire ». Les radios internationales font
à nouveau état de ce dossier, n'hésitant pas à souligner les complicités avec
Charles Taylor dans la violation de l'embargo donc dans la poursuite de la
guerre avec tout le lourd tribut qui en est résulté.
Sylvie Lorthois, Chercheuse à Amnesty
International, invitée de RFI le 17 mars dernier, a
répondu ainsi qu'il suit à la question suivante posée par Christophe
Boisbouvier.
Question : « Ce que révèle votre rapport,
c'est que les trafiquants d'armes et les pays qui violent un embargo sont
extrêmement bien organisés. Est-ce que vous pouvez nous donner un cas concret ?
Réponse : « Alors, je vais citer
l'exemple de Léonid Minin qui est un Ukrainien très célèbre et qui a réussi à
vendre des armes au Libéria et à la Sierra Leone, qui tous les deux sont sous
embargo depuis le milieu des années 90.
Donc en fait ce sont des armes qui
venaient d'Ukraine qui ont été vendues au Burkina Faso car ce pays avait fourni
des faux certificats d'utilisateur final, donc l'Ukraine en les vendant pensait
qu'elles allaient au Burkina. Ensuite, Léonid Minin a fait transférer les armes
du Burkina vers le Libéria grâce à une compagnie aérienne, et ensuite vers la
Sierra Léone. Il y a eu beaucoup de transferts dans ces deux Etats ».
Ces propos posent de réels problèmes
parce qu'ils incriminent directement des Burkinabé que l'on gagnerait, pour
l'honneur du pays, à identifier. En effet, ce qui est sûr, c'est qu'il y a eu
fourniture de faux papiers pour doter Charles Taylor en armement en violation
de l'embargo décidé par les Nations Unies. Il en résulte une complicité avec
l'ancien dictateur par fourniture de moyens (en l'occurrence des armes de
guerre) pour la réalisation de toutes les atrocités commises en Sierra Leone et
au Libéria. Ces faux papiers sont notamment en la possession de l'Ukraine et du
Burkina Faso.’’
http://fr.allafrica.com/stories/200603201147.html
reproduisant l’article de Donald Tondé San Finna (Ouagadougou) OPINION
19 Mars 2006
Publié sur le web le 20 Mars 2006
·
La commission des Nations Unies
chargée d'enquêter sur les liens entre le trafic de diamants et le conflit
sierra-leonais accuse le Liberia de soutenir activement les rebelles du Front
révolutionnaire uni (RUF). Selon son rapport, non encore officiellement publié,
le président Taylor est au coeur du commerce d'armes et de diamants qui
alimente le conflit dans ce petit pays d'Afrique de l'ouest. Le Burkina Faso
est également cité comme l'une des principales voies d'approvisionnement en
matériel militaire.
http://rfi.fr/actufr/articles/012/article_7672.asp
Au Burkina, le dirigeant
françafricain modèle Blaise Compaoré volait l’or du pays, entretenait un
escadron de la mort, nourrissait d’atroces guerres civiles, au Liberia et en
Sierra Leone. Fin 1998, l’assassinat du journaliste Norbert Zongo a déclenché
aux cris de «Trop c’est trop!» un
exceptionnel mouvement de résistance civique, toujours vivant un an plus tard.
Le régime est coincé entre deux options qu’il refuse: se soumettre ou se
démettre. Face à un front uni, non-violent, il sait que l’emploi de la violence
le condamnerait définitivement. Maladroitement, il essaie de ruser pour
survivre. Jusqu’à quand?
http://www.survie-france.org/IMG/doc/78.doc
Le ‘’Beau
Blaise’’comme il aime à se faire appeler
aime qu’on égrène ses titres : Février 1992; Blaise Compaoré est
Docteur Honoris Causa de l'Ecole des Hautes Etudes internationales de Paris
(France)Février 1995;Intronisé comme membre associé à l'Académie des Sciences
d'Outre-Mer de Paris (France); Décembre 1995 Docteur Honoris Causa de
l'Université japonaise de Soka; Décembre 1997Il reçoit à Ouagadougou, la Stèle
d'Hiroshima pour son engagement en faveur de la paix;Décembre 2001Blaise
COMPAORE est décoré de la médaille de l'ordre du mérite de la confédération
africaine de football;Avril 2004Docteur Honoris Causa de l'Université
Jean-Moulin de Lyon 3; Avril 2005Docteur Honoris causa de l'Université Ramkhamaeng de
Bangkok ;Avril 2005 Diplôme d'honneur et de mérite de la Conférence des
institutions d’enseignement et de recherche économiques et de gestion en
Afrique (CIEREA);Avril 2005 Commandeur de l’Ordre international des Palmes
académiques du Conseil africain et malgache de l'Enseignement supérieur(CAMES).
‘’..le Président Blaise Compaoré, de plus en plus souvent accusé
d’être l’un des dirigeants les plus corrompus de l’Afrique de l’Ouest et
d’appuyer l’insurrection chez son voisin la Côte d’Ivoire. Les membres des
médias qui ont couvert la corruption ont été harcelés alors que le meurtre du
journaliste Norbert Zongo en décembre 1998 n’a toujours pas été élucidé.
En février, le Danemark a réduit son aide au Burkina Faso de 27 à 21 millions
de dollars E.U. à la suite d’allégations que le pays avait violé un embargo des
Nations Unies. Sur la base de preuves des Nations Unies, le gouvernement danois
a déclaré que la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, était devenue le
principal point de transit des armes qui alimentent les guerres dans la région.
Le Danemark cite aussi des retards dans l’enquête sur l’assassinat de Zongo
pour justifier sa décision.
Les représentants des Nations Unies affirment que Compaoré et son homologue
libérien, Charles Taylor, enfreignent régulièrement le droit international à
des fins personnelles. En octobre, le quotidien français Le Monde a
corroboré des allégations du gouvernement ivoirien selon lesquelles Compaoré
aurait accueilli, armé et entraîné un groupe d’officiers insatisfaits de l’armée
ivoirienne. Le 19 septembre, ces officiers ivoiriens ont déclenché une
rébellion sanglante à partir de leur base du Burkina Faso dans l’espoir de
renverser le gouvernement de leur pays
Blaise Compaoré à l’ONU à titre de président en exercice
de l’Union Africaine, 21 09 98
http://www.cpj.org/attacks02/french/burkina_fr.html
‘’À cette
époque, le NPFL de Taylor se présentait comme un groupe panafricain dont le but
était de renverser « la dictature du fantoche américain » Doe avec
l'aide de tous les « combattants de la liberté » d'Afrique. Il
comptait dans ses rangs d'anciens guérilleros de la Gambie, du Ghana, du Biafra
nigérian, etc. Il avait déjà formé une alliance étroite avec un groupe d'exilés
sierra-léonais, le Front révolutionnaire unifié (RUF) de Foday Sankoh. À en
croire la démagogie grandiloquente de Taylor, le but que se fixait le NPFL
était rien moins que de changer la face de toute l'Afrique de l'Ouest
anglophone, en commençant par le Liberia. Mais derrière cette rhétorique
radicale, d'autres intérêts étaient en jeu. Bien entendu, il y avait la «libyan
connection» de Taylor, que les gouvernements occidentaux n'ont cessé de
ressasser pour le présenter comme un instrument de Kadhafi. Et sans doute
Taylor a-t-il bien bénéficié d'armes et de fonds venus de Libye. Mais, quoi
qu'en dise l'Occident en présentant Kadhafi comme la « tête pensante du
terrorisme », la réalité est que celui-ci ne joue qu'un rôle relativement
secondaire dans la politique africaine. Bien plus décisive pour Taylor fut
l'aide logistique, militaire et financière qu'il reçut de Côte d'Ivoire, alors
dirigée par Houphouët-Boigny, et du Burkina-Faso, alors dirigé par Blaise
Compaoré, l'allié d'Houphouët-Boigny. Or ces deux Etats étaient des auxiliaires
de la politique impérialiste française en Afrique et il ne peut y avoir le
moindre doute sur le fait que leur aide à Taylor a été sinon dictée, en tout
cas autorisée par Paris. Ainsi, tout comme Doe était un pion dans le jeu
impérialiste américain en Afrique, Taylor était un pion dans la stratégie
impérialiste française dans la région en décembre 1989, le NPFL de Taylor lança
ses premiers raids armés à partir de bases situées en Côte d'Ivoire dans le
comté de Nimba, aidé par un contingent de l'armée burkinabé fourni par
Compaoré.
Lutte de
classe No 75 , Octobre 2003, http://www.union-communiste.org/?FR-archp-show-2003-1-505-2625-x.html
‘’In Burkina Faso earlier this month,
Compaore played host to senior RUF commanders to plan military and political
strategy, diplomats and intelligence analysts said. In return for their
support, Taylor and Compaore receive diamonds from the RUF, which are then sold
on the international diamond market, intelligence sources and U.N.
investigators said. Taylor, Sankoh and Compaore have been linked since the
mid-1980s, according to academics, intelligence analysts and participants in
the early days of the revolutionary fervor that swept the region. Liberia's
U.S.-backed dictator, Samuel Doe, accused Taylor, then a senior Liberian
bureaucrat, of stealing government funds. When Taylor fled to the United
States, he was arrested at Doe's request, but escaped to Burkina Faso.
According to historians and regional experts, Compaore enlisted Liberian aid in
the killing of then-President Thomas Sankara, after which Compaore seized power
in Burkina FasoTaylor launched his revolt against Doe in 1989, then helped
Sankoh found the RUF in 1991. Compaore, Taylor and Sankoh, as well as many of
their senior commanders, trained at Libya's World Revolutionary Headquarters in
the 1980s. The Reagan administration regarded Libya as a primary sponsor of
international terrorism and saw Doe as a reliable ally. It poured $500 million
in aid into Doe's Liberia and pressured Nigeria and other pro-Western
governments to intervene militarily, using Sierra Leone as a base, to fight
Taylor. But Taylor ultimately fought to a draw, signed a cease-fire and won a
presidential election in 1997. Troops sent by Taylor and Compaore fought
alongside the RUF in Sierra Leone, and the RUF helped Taylor's troops, while
Compaore supplied both with a secure arms pipeline, according to investigators.
The deal was that the RUF would help Taylor `liberate' Liberia and afterward
would provide a base for the RUF to enter Sierra Leone,' said Abdullah. `When
the RUF entered Sierra Leone there was a Burkinabe [Burkina Faso] force under
their command that Taylor arranged to send in. All the arms for Taylor and the
RUF came from Burkina Faso, and were bought in Ukraine. The payment for all
this was diamonds that went through Liberia, Burkina Faso and the Ivory Coast.'
That basic route still works,
intelligence officials said Until that iron triangle is broken, there will be
turmoil in the region,' said one intelligence official. `There is too much
history, too much money and too much blood for them to stop now, and they view
losing the RUF as the beginning of the end.
Frank R. Wolfe, Douglas Farah, Library
of Congress,
(Philippe LEYMARIE, Le Monde diplomatique, 01/1996).
Il n'est pas besoin de rappeler
la collection de crimes contre l'humanité dont le passé de M. Taylor est riche...
Blaise Compaoré modifie la constitution
et rempile pour un troisième mandat, 2005
déstabilisation et trafic d’armes :
‘’Compaore saw logic, and experienced pleasure, in
digging the gallows for other nations. His troops fought along side NPFL rebels
to reduce Liberia to rubbles, uprooting and shipping industrial equipment and
other goods to Burkina Faso at Taylor's command. During the 1999 RUF offensive
which left over 6000 people killed in Freetown, ECOMOG officers accused Burkina
Faso of backing the rebels. Guinea has consistently pointed fingers at Burkina
Faso in its current incursions. At the close of the Liberian killingfields,
Compaore admitted sending 700 Burkinabe soldiers to Liberia "to help my
friend" Taylor. But denying recent claims that his mercenaries were again
active in Guinea, he said there has been no Burkinabe captured or killed
soldier. Without the bodies, he implied, there is no evidence. Compaore's
fingerprints are multiplying in West Africa. Villages, towns, farms, schools,
clinics are disappearing.
Whatever the merits of Compaore's denials, the fact is
that when Burkinabe regular soldiers and mercenaries landed in Liberia, they
became "Liberians" and later "Sierra Leoneans", and now
"Guineans." They were given local names and identity papers, some of
Taylor's "ingenuities" at destabilization with deniability as a tool.
Thus except among Taylor or Sankoh insiders, it was difficult knowing who these
mercenaries were. Furthermore, identifying a dead soldier, in war that had no
frontlines, was a waste of time. However, what Compaore has not denied and may
find difficult in denying, is that following his failed coup in Guinea, Gbagbo
Zoumanique, a Guinean dissident soldier who served as Youth and Sports Minister
fled to Burkina Faso. President Lansana Conte has named Burkina Faso, along
with Liberia, as two of the "syndicate of states" determined to
destabilize his country.
Although Compaore, like his "friend" Taylor,
has denied the recent UN report (quoted below extensively for its clarity and
importance in understanding the disease of poverty spread by men like Compaore)
linking him to the Sierra Leone war, it is difficult for him to give a
convincing motive as to why the UN committee, composed of persons with diverse
backgrounds and nationalities, would report that:
"The personal connections between President
Charles Taylor and Foday Sankoh go back ten years to their training in Libya,
to their combined efforts on behalf of Blaise Campaore in his seizure of power
in Burkina Faso, and to Sankoh's involvement in Charles Taylor's struggle as
head of the NPFL to take power in Liberia in the early 1990s. These events are
well documented, and President Taylor told the Panel that he was a close friend
of Foday Sankoh. President Taylor denies unequivocally, however, that he or his
government have provided any training to the RUF, any weapons or related matériel,
any Liberian facilities or territory for staging attacks, or a safe haven.
"He told the Panel that RUF leader Sam Bockarie's presence in Liberia was
a gesture of goodwill on Taylor's part, in order to allow the RUF to work
together for a peaceful settlement in Sierra Leone after Foday Sankoh and
Bockarie had found themselves unable to work together
"The President of Burkina Faso is a close ally of
President Charles Taylor and Burkina Faso has acknowledged the presence of over
400 Burkinabe soldiers in Liberia during the time Taylor was leading his
rebellion in 1994 and 1995. Provision was made in the government budget to
cover salaries for the services rendered during this period. Burkina Faso has
repeatedly denied the involvement of its nationals in supporting the RUF.
Eyewitnesses and former RUF combatants, however, confirm the active involvement
of Burkinabes with the RUF. A Burkinabe, 'General' Ibrahim Bah (a.k.a. Baldé) -
referred to in paragraphs 73-4 - handles much of the financial, diamond and
weapons transactions between the RUF, Liberia and Burkina Faso. He shuttles
regularly between Monrovia and Ouagadougou. Burkina Faso's involvement in
weapons transfers is detailed below.
"A shipment of 68 tons of weapons arrived at Ouagadougou on 13 March 1999.
It included 715 boxes of weapons and cartridges, and 408 boxes of cartridge
powder. The inventory also included anti-tank weapons, surface-to-air missiles,
and rocket propelled grenades and their launchers.
"This shipment has now been well documented. Documentation provided in
April and June 1999 by the Ukraine government to UN Sanctions Committees shows that
the weapons were part of a contract between a Gibraltar-based company
representing the Ministry of Defence of Burkina Faso, and the Ukrainian
state-owned company Ukrspetsexport. An aircraft of the British company Air
Foyle, acting as an agent for the Ukrainian air carrier Antonov Design Bureau,
shipped the cargo, under a contract with the Gibraltar-based company, Chartered
Engineering and Technical Services. A Ukrainian licence for sale of the
weaponry was granted after Ukrspetsexport had received an end-user certificate
from the Ministry of Defence of Burkina Faso.
"The end-user certificate was dated 10 February 1999. The document
authorized the Gibraltar-based company to purchase the weapons for sole use of
the Ministry of Defence of Burkina Faso. The document also certified that
Burkina Faso would be the final destination of the cargo and the end-user of
the weaponry. The document is signed by Lieutenant-Colonel Gilbert Diendéré,
head of the Presidential Guard of Burkina Faso. During a visit by a Panel
Member to Ukraine, this sequence of events was reconfirmed.
"The authorities of Burkina Faso, in correspondence with the United
Nations Sanctions Committee on Sierra Leone, denied allegations that the
weapons had been re-exported to a third country, Liberia, and during a visit to
Burkina Faso the Panel was shown weapons that were purportedly in that
shipment.
"The weapons in question, however, were not retained in Burkina Faso. They
were temporarily off-loaded in Ouagadougou and some were trucked to Bobo
Dioulasso. The bulk of them were then trans-shipped within a matter of days to
Liberia.
"Most were flown aboard a BAC-111 owned by an Israeli businessman of
Ukrainian origin, Leonid Minin. The aircraft bore the Cayman registration
VP-CLM and was operated by a company named LIMAD, registered in Monaco. Minin
was, and may remain, a business partner and confidant of Liberian President
Charles Taylor. He is identified in the police records of several countries and
has a history of involvement in criminal activities ranging from east European
organised crime, trafficking in stolen works of art, illegal possession of fire
arms, arms trafficking and money laundering. Minin uses several aliases. He has
been refused entry into many countries, including Ukraine, and travels with
many different passports. Minin offered the aircraft mentioned above for sale
to Charles Taylor as a Presidential jet, and for a period between 1998 and
1999, it was used for this purpose. It was also used to transport arms.
"Regarding the shipment in question, the aircraft flew from Ibiza in Spain
to Robertsfield in Liberia on 8 March 1999. On March 15, two days after the
arrival of the Ukrainian weapons in Ouagadougou, the plane flew from Monrovia
to Ouagadougou. On March 16 the plane was loaded with weapons and flew back to
Liberia. On the 17th, it returned to Ouagadougou. After a flight to Abidjan in
the Ivory Coast, the plane flew again from Ouagadougou to Liberia with weapons
on the 19th. On the 25th the plane flew again from Liberia to Ouagadougou and
returned on the same day with weapons. On the 27th the plane flew again to
Ouagadougou and from there to Bobo Dioulasso for the weapons that had been
trucked there. The aircraft made three flights over the next three days between
Bobo Dioulasso and Liberia. On 31 March the plane flew back to Spain. Because
the plane had a VIP configuration, it had only limited cargo capacity, which is
why so many flights were necessary.
"A second plane, an Antonov operated by a Liberian company named Weasua,
is reported by eye-witnesses to have flown part of the cargo to Liberia from
Bobo Dioulasso.
"Minin's BAC-111 was used for an earlier shipment of weapons and related
equipment from Niamey Airport in Niger to Monrovia. This occurred in December
1998, shortly after Minin purchased the plane and started to operate it in the
region. On 22 December 1998, the BAC-111 made two trips from Niamey to
Monrovia. On the second trip, it took a consignment of weapons, probably from
existing stocks of the armed forces of Niger. The weapons were off-loaded into
vehicles of the Liberian military. A few days after these events, the
RUF-rebels started a major offensive that eventually resulted in the
destructive January 1999 raid on Freetown".
Genius is indeed knowing
when to stop. Compaore has defied that wisdom. When his prophesy is fulfilled,
Burkina Faso will know when to stop destabilizing other nations. But by then it
will be too late’’.
Compaoré’s Prophecy, by Tom Kamara
http://www.theperspective.org/burkina_faso.html
le 10 août dernier, un dissident du FPR, le lieutenant Christophe Hakizabera, a adressé une lettre à la Commission de l'ONU chargée de déterminer la responsabilité de l'organisation dans le génocide au Rwanda. Alors exilé au Bénin, il faisait état d'une série de réunions, auxquelles auraient participé le président ougandais Museveni, l'allié du FPR, et son demi-frère, le général Salim Saleh. La décision d'assassiner le chef de l'Etat rwandais aurait été prise, en présence de Kagamé, lors d'un ultime conciliabule, en mars 1994 à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso’’.
Stephen
Smith
Libération
11.03.00
http://www.inshuti.org/smith3.htm
·
‘’Une autre source
proche du dossier avait indiqué il y a plusieurs semaines à l'AFP que l'enquête
dirigée par le juge antiterroriste parisien Jean-Louis Bruguière pourrait
s'orienter vers une mise en cause du Front patriotique rwandais (FPR,
ex-mouvement rebelle tutsi arrivé au pouvoir en 1994).
En début de soirée
le 6 avril 1994, un Falcon 50 en phase d'atterrissage sur Kigali, transportant
notamment le président Habyarimana, son homologue burundais Cyprien Ntaryamira
et plusieurs hauts responsables des deux pays, avait été atteint par deux tirs
de missiles sol-air. Sur le terrain, cet attentat a donné le signal du
déclenchement du génocide, plannifié et orchestré par les partisans hutus du
président Habyarimana, contre la minorité tutsie.
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=AFP93024mortderiatn0
Visite de Courtoisie au Pape Benoît XVI
Al Qaida?
A Washington Post article on Monday
www.washingtonpost.com/wp-dyn/
world/africa/westafrica/burkinafaso
said an investigation into al-Qaeda financing had
uncovered evidence that the governments of Liberia and Burkina Faso had hosted
two senior al-Qaeda operatives on a $20m diamond-buying spree The report quotes
investigators as saying that the two operatives moved between a protected area
in Liberia and neighbouring Burkina Faso.
Par Douglas Farah Washington Post 29
December 2002
Anvers, Belgique.
‘’Il est établi,
suite à une investigation agressive européenne d'une année dans le financement
d'Al Qaeda, que deux gouvernements ouest africains ont abrité des agents de
terreur de haut niveau qui supervisaient des achats effrénés de diamants d'une
valeur de 20 millions de dollars, touchant effectivement le commerce des
pierres précieuses de la zone.
Des investigateurs venant de plusieurs pays ont conclu que le Président Charles
Taylor du Libéria a reçu 1 million de dollars pour avoir accepté héberger des
agents d'exécution dans la région pendant au moins deux mois après les attaques
le 11 septembre 2001 de New York et du Pentagone. Selon les enquêteurs, les
terroristes circulaient entre une zone protégée située au Libéria et le Palais
présidentiel au Burkina Faso voisin’’.
TENTATIVE
D'ASSASSINAT DE LANSANA CONTE
BLAISE COMPAORE/CHARLES TAYLOR INDEXES
David Crane, qui n'est pas n'importe qui puisque Procureur du
Tribunal Spécial sur la Sierre Leone, vient de lancer un pavé dans la mare :
Charles Taylor, bien qu' "assigné en résidence ", serait à la base de
la dernière tentative d'assassinat contre Lansana Conté et ceci en accord avec
le Burkina Faso. Le Procureur affirme même que l'hôte en surveillance de
Olosogun Obasanjo aurait fait une escapade chez son ami Blaise Compaoré,
histoire de tailler une bavette et ficeler l'affaire ! Ainsi donc, les 26 et 27
Février derniers, foi de Crane, il aurait fait le voyage de Ouagadougou à bord
d'un avion militaire burkinabé, pour remettre leur ouvrage de déstabilisation
régionale sur le métier et pour peaufiner la stratégie de l'assassinat du
président de la Guinée.
Nous avons approché l'opposant Me Yaméogo Hermann, Président de
l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), candidat
potentiel pour l'élection présidentielle de 2005, farouche dénonciateur du
tandem Compaoré/Taylor, pour avoir sa réaction.
- San Finna : Que vous inspirent les accusations portées par David
Crane à l'encontre de l'ancien président libérien et des autorités burkinabé ?
- Me Hermann YAMEOGO : Je
tiens tout d'abord à louer le courage, la compétence et l'intégrité morale de
David Crane. Dans ce monde soumis à la corruption et aux phénomènes maffieux
jusque dans les sphères internationales les plus fermées, il est réconfortant
de voir qu'il existe des hommes de conviction comme le Procureur Crane,
capables de lutter encore crânement contre les injustices. Les accusations
qu'il porte contre Charles Taylor et les autorités du Burkina Faso sont graves,
très graves. Cela commande, sinon de mettre en œuvre immédiatement l'action
publique, en tout cas des enquêtes pour situer l'opinion et établir
définitivement les faits. Après quoi, la saisine incidente du Tribunal spécial
sur la Sierra Leone des faits ainsi dénoncés par le Procureur lui-même,
pourrait éventuellement intervenir.
http://www.sanfinna.com/ARCHIVES/Archives310/EtatdelaNation1.htm
·
Qui plus est, Charles Taylor était devenu un boulet au pied
de son seul véritable soutien dans la sous-région, le Burkinabé Blaise Compaoré.
...
www.afrique-asie.com/archives/ 2003/168sept/168liberia.htm - 27k
Lâché de colombes, journée
nationale de Pardon initiée par Compaoré entouré de membres des familles de ses
victimes et des 3 anciens présidents Laminzana, Saye Zerbo et Ouedraogo, 30
mars 2001