Appel de mobilisation internationale contre l’impunité
dans l’assassinat de Thomas Sankara
October 1997
A l’occasion de la 10 ème commémoration de la mort du Président du Burkina Faso Thomas Sankara, le GRILA avait fortement recommandé et appuyé la démarche de clarification judiciaire sur sa disparition. Son certificat de décès portant la mention, décédé de mort naturelle, c’est sans illusion que le GRILA a appuyé la requête, des avocats de veuve Mariame Sankara et de ses enfants, portant plainte contre X devant les instances judiciaires du Burkina Faso, avant la fin du délai de prescription décennale.
Comme nous nous y attendions, des artifices juridiques ont été utilisés pour débouter la requête. Le procureur a renvoyé aux juridictions militaires, la compétence d’instruire ce cas. Implicitement, en renvoyant à une autre instance cette grave infraction, il admet que le Président Sankara n’est pas décédé de mort naturelle Nous sommes convaincus, outre les arguties judiciaires et autres délais invoqués, que les autorités politiques actuelles continueront à entraver la justice dans cette affaire. Notre certitude repose sur plusieurs éléments. D’abord le déni des droits de l’homme attesté par les nombreux assassinats et formes d’intimidations qui ont eu cours dans ce pays. ( cf Document de défense du GRILA pour le statut de réfugié politique de Lydie Sankara soeur de la victime devant les autorités américaines). Alors que les présumés auteurs de l’assassinat ont été réduits au silence, le seul rescapé de la tuerie du 15 octobre ne semble plus jouir de ses facultés mentales. Quant au responsable de l’odieux certificat de décès du Président Sankara, il serait devenu juré du tribunal militaire. Enfin en plus des entraves pour l’exhumation, il risque d’y avoir des difficultés à reconnaître les restes du défunt dans les fosses communes.
Il serait vain d’attendre, de la dynamique interieure du pays, une saine évolution du dossier tellement le processus démocratique est manipulé par le régime qui a le monopole du pouvoir exécutif législatif et judiciaire. En raison du soutien dont ce régime bénéficie de la part des tenants de l’ordre mondial, il ne collaborera pas à une instruction transparente sans une solide pression de l’opinion publique internationale..
Au moment où le Burkina Faso préside l’OUA et se fait l’avocat des droits de l’homme et du développement, nous en appelons à toutes les forces de bonne volonté, de s’unir pour le prendre au mot. Faisons un exemple contre l’impunité qui gangrène les régimes africains et qui alimente les syndromes de violence et d’atrocités savamment utilisés par les tenants du nouvel ordre mondial
Les coûts politiques et financiers de cette plainte quoiqu’importants ne sauraient constituer une entrave à l’exécution de la justice. Thomas Sankara a oeuvré pour la jeunesse africaine, l’émancipation des femmes, un développement responsable, la lutte contre l’apartheid et les droits de la personne. Il mérite qu’une mobilisation internationale parvienne à mener à son terme une justice salutaire pour l’Afrique entière.
Toutes les formes d’assistance, de conseil et de contributions de personnalités, juristes, organismes et militant-e-s seraient appréciées .
Nous vous invitons donc à participer au comité international Justice pour Sankara. Apportez votre soutien politique juridique et financier pour faire la lumière sur la mort de Thomas Sankara et sa dizaine de camarades, et adresser un message clair contre l’impunité en Afrique
Tel Fax 514 499 3418- Email admin@grila.org
A luta Continua
G.R.I.L.A (Groupe de Recherche et d’Initiative pour la Libération de l’Afrique)