Communqué de Presse du 22 Mars 2006 CIJS
L'affaire Sankara :
lutte contre l'impunité en Afrique et dénouement attendu au comité
des droits de l'homme de l'ONU :
Ce 31 Mars 2006, le comité des droits de l'Homme de l'ONU rendra sa
décision dans l'affaire Sankara qui y est pendante depuis 4 ans. Le comité
siégeant en 86 ème session, pour la dernière fois comme
tel vient d'être reformé par l'Assemblée générale
de l'ONU. Il sera dorénavant le Conseil des droits de l'Homme. Selon
sa Haut Commissaire Louise Arbour, c'est "une occasion historique d'améliorer
la protection et la promotion des libertés fondamentales à travers
le monde". Cette session est donc doublement symbolique comme moment fondateur
de la transformation de cette institution et dénouement dans la première
affaire contre l'impunité dans l'assassinat d'un chef d'Etat africain.
Thomas Sankara, premier président du Burkina Faso, est un internationaliste
qui a incarné un développement autocentré et panafricain.
Bien qu'assassiné à 37 ans, en compagnie d'une dizaine de ses
camarades, son certificat de décès argue toujours qu'il est décédé
de mort naturelle le 15 Octobre 87. Le ministre de la justice de l'époque
est Blaise Compaoré président du Burkina Faso. Sankara a été
l'instigateur d'un changement qui demeure encore pertinent pour l'Afrique vouée
à la "gestion de l'enlisement" des bailleurs de fonds, la paupérisation
et des conflits instrumentalisés sur fonds de pillage de ressources.
En 1997, la CIJS, Campagne internationale justice pour Sankara entamait, au nom de sa veuve Mariam Sankara et de ses enfants une procédure judiciaire. Elle allait être ballottée entre toutes les instances juridiques du Burkina Faso avant d'être déboutée en cour suprême. Devant le manque d'indépendance judiciaire de la magistrature du Burkina, le 15 Octobre 2002, la CIJS a porté l'affaire devant le comité des droits de l'homme de l'ONU.
A la 80ème session en avril 2004, le Comité des droits de l'Homme
des Nations Unies a jugé recevable la communication, contre le Burkina
Faso.
Ceci était déjà un précèdent juridique contre
l'impunité en Afrique.
Depuis, le général Tarnue, reconnaissait le 4 octobre 2004 devant
la cour internationale spéciale du Sierra Leone, le complot ourdi par
Blaise Compaoré et l'ancien chef rebelle puis d'Etat du Libéria
Charles Taylor http://www.sc-sl.org/Transcripts/RUF-100404.pdf pp 84-85). Le
régime du Burkina s'est acoquiné avec ce chef de guerre aujourd'hui
recherché pour ses exactions dans la sous -région, mais aussi
pour avoir contourné, l'embargo contre l'UNITA en Angola. Ce régime
a modifié la constitution pour présenter la candidature du président
Compaoré, récemment réélu pour un troisième
mandat. Au Burkina Faso, l'impunité a été érigée
en système politique, et le déni des droits de l'homme est attesté
par nombre d'assassinats, de corruptions et intimidations. La plainte de la
CIJS se fonde sur la violation par le Burkina Faso de ses engagements au Pacte
international relatif aux droits civils et politiques et ses deux Protocoles
facultatifs**.
Campagne Internationale Justice pour Sankara
GRILA, www.grila.org 514 499 3418 admin@grila.org
* Collectif juridique composé de Me Dieudonné Nkounkou, Me Jean Abessolo, Me Bibi Barnabé, Me Karim Bensakina, Me Nicole Bobillot-Prévost, Me Ferdinand Djammen Nzeppa (France), Cabinet Sankara-Diallo -Me Prosper Farama (Burkina Faso), Me Milton James Fernandes, Me William Sloan , Me Vincent Valaï. Me Kimon Kling, Me May Chiu, Me Sherley Morin , Me Catherine Gauvreau, Me John Philpot, Me Charles Roach (Canada); Me Devotsou Kofimessa (Togo), Me Aissata Tall Sall (Sénégal)
** "Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses deux Protocoles facultatifs font partie de la Charte internationale des droits de l'homme, qui comprend également la Déclaration universelle des droits de l'homme et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et ses Protocoles facultatifs. Le Pacte porte sur des droits tels que l'égalité devant la loi, le droit à un procès équitable, la présomption d'innocence, la liberté de pensée, de conscience et de religion, la liberté d'opinion et d'expression, la participation aux affaires publiques et aux élections, la liberté de circulation et la protection des droits des minorités.
Le Pacte fait obligation aux États qui le ratifient à adopter des mesures pour protéger, sans discrimination aucune, les droits qui y sont reconnus. Les États parties s'engagent en particulier à assurer le droit égal des hommes et des femmes de jouir de tous les droits civils et politiques énoncés dans le Pacte" ONU.
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