A trois jours de l'avis de la cour suprême sur l'Affaire Sankara, Blaise Compaoré demande pardon.



La cour suprême du Burkina Faso examinera ce 3 Avril à 09 heures le pourvoi en cassation formé par le Collectif Juridique de la Campagne International Justice pour Sankara contre l'arrêt No 14 du 26 Janvier 2000 rendu par la cour d'appel de Ouagadougou. Après maints retards, subterfuges et arguties, c'est à cet ultime palier du pouvoir judiciaire, de déterminer si une cour civile est compétente pour juger l'assassinat de Thomas Sankara, dont le certificat de décès mentionne qu'il est décédé de mort naturelle le 15 Octobre 1987. Pendant ce temps Blaise Compaoré n'a pas reconnu spécifiquement sa responsabilité dans la mort du Président du Faso préfèrant demander pardon pour tous les crimes commis dans le pays depuis son indépendance. Le simulacre de regrets pour se prémunir de la révélation de la vérité dans l'affaire Sankara ne remplacera pas la justice. Se repentir sans aveux, renoncer à punir car ce serait se punir soi même, et élever en héros ceux que l'on a assassiné et vilipendé n'a pu visiblement mystifier que 30 000 personnes . Les millions d'autres burkinabé qui connaissent le règne de la terreur et de l'impunité ne se sont pas fait dûper. Ils savent que c'est grace à leur tenacité que le régime recule et organise cette journée du pardon. Ils savent que si la pression contre l'impunité continue elle portera fruit ! Les avocats et membres de la CIJS soutiennent cette légitime aspiration. A la mémoire de Thomas Sankara héros internationaliste et panafricaniste et authentique défendeur de la patrie et du peuple du Burkina Faso ! Pour un Etat de droit, respectueux des droits humains et démocratiques! Le pardon après la justice!! Coordination Campagne Internationale Justice pour Sankara Le 30 Mars 2001