Quelques obstacles à l’intégration africaine (2ème partie)

La Belgique


Cet autre pays européen a aussi une position stratégique dans certains Etats africains. La Belgique y est intervenue à dix reprises depuis 1960. 12 Des accords de coopération l’ont liée surtout au Zaïre, au Burundi et au Rwanda . Comme elle ne signe pas d’accords formels de défense, certains retraits lui sont plus faciles comme au Burundi ou au Rwanda. Elle dispose en outre d’une force de déploiement rapide, vend des armes, et dit défendre une communauté identitaire tout en promouvant son rôle au sein de l’OTAN, l’ONU et sous le parapluie américain. Il importe de rappeler ici que les troupes belges et des Nations Unies étaient en charge de la surveillance de l’aéroport d’où a été abattu l’avion des présidents rwandais et burundais. L’importance de cet événement, comme déclencheur du génocide, impose que soit faite la lumière sur les commanditaires compte tenu des rumeurs d’une complicité belge, ougandaise et américaine, dans cet attentat.

Le Portugal


D’une colonisation qu’il n’avait pas les moyens d’assurer sans la présence de firmes multinationales, le Portugal tenta désespérément et cruellement d’empêcher les indépendances. Sa défaite, qui destitua le régime à Lisbonne par la révolution des oeillets, l’effaça pour un temps des aventures africaines. Le retour sur le continent est amorcé à la fin des années 80 et sa politique africaine semble de plus en plus teintée par l’affairisme et les anciennes accointances. Le Portugal campe aujourd’hui sa politique africaine dans le sillon américain.

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La Grande Bretagne


Ce pays, pourtant capable de déployer très rapidement une force d’intervention, a adopté une position plus réservée pour ce qui est de ses incursions africaines depuis l’ère des indépendances. Du fait de son mode de colonisation dit Indirect Rule et du système d’accession de ses colonies aux indépendances, la Grande Bretagne a fini par opter pour une diplomatie et un affairisme plus feutrés et une autre méthode pour ses relations stratégiques en Afrique. Aussi privilégie-t-elle la formation militaire. Elle en dispense par exemple au Kenya et, au besoin de ses leçons de démocratisations, cela peut constituer un bon levier de négociation. Des attachés militaires et des conseillers n’en sillonnent pas moins le continent comme au bon vieux temps de l’empire, allant de l’Ouganda au Nigeria, au Soudan - jusqu’en 1990- fournissant des formations aux pays de la ligne de front durant l’apartheid, lesquelles se sont d’ailleurs poursuivies avec le Zimbabwe, le Mozambique, le Botswana, et la Namibie.
Ces relations privilégiées au sein du Commonwealth sont, advenant une crise, préservées par un bouclier de défense articulé sur un pourtour de bases stratégiques, autour de l’Afrique: Malte, Gibraltar, et potentiellement Tristan da Cunha et Sainte Hélène même si celles-ci ne sont pas bien dotées de facilités aéroportuaires. Pour bien tenter de se démarquer de l’apartheid aux abois, elle apporta son soutien tactique au Zimbabwe et aux Botswana pour les techniques contre-terroristes-. Elle fit de discrètes interventions à l’instar de son implication dans de la prise d’otages en Gambie en 1981, ou dans l’avènement de la nouvelle armée namibienne, et comme tentative de réconciliation nationale pour l’armée angolaise. En général, Londres s’aligne sur les orientations stratégiques américaines
La Grande Bretagne dispose d’un dispositif d’alerte pour évacuer ses expatriés et ne manque pas de participer dans des opérations conjointes, comme en Somalie durant Restore Hope. Son allérgie à l’intervention directe et au pré-carré, tant que ce qu’elle considère comme son territoire n’est pas menacé ( exemple les Malouines) , n’enlève en rien à son influence sur le continent. Ses services secrets et diplomatiques sont des plus actifs.

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