Quelques obstacles à l’intégration africaine (fin)

Les Etats Unis


Bien qu’elle n’ait pas de passé colonial en Afrique, l’Amérique s’est employée à y contrer l’influence marxiste et plus précisément soviétique, tout en érodant l’hégémonie des anciennes métropoles coloniales afin d’élargir son espace d’expansion. La prégnance de l’impérialisme américain est davantage liée à sa prétention de leader, à l’emprise de ses firmes et à la complémentarité atlantiste. De ce fait, elle peut en principe compter sur les anciennes puissances colonisatrices. Son influence remonte à l’affaire de Suez, à la crise du Congo, à sa politique de soutien à l’apartheid, voire des opérations du genre Angolan Task Force.. L’objectif des années 80 d’apparaître comme le ténor des intérêts occidentaux dans le Monde n’excluait pas l’Afrique.
Depuis que le réalignement issu de la guerre froide opère, les Etats-Unis considèrent désormais qu’ils appartiennent à un premier groupe d’Etats, dit la communauté des Nations, et qui se caractérise, comme le soutenait son ambassadeur aux Nations Unies, M. Albright, par leur préoccupation à sauvegarder l’économie mondiale et sa communauté d’Etats, en misant sur les relations multilatérales pour les harmoniser. Viendrait ensuite un second englobant les lesquels en dépit du fait qu’ils partagent les préoccupations du premier groupe, sont exposés à des . Il y a ensuite le troisième groupe constitué de Enfin ,subsisterait le groupe de ceux qui ont échoué n’ayant plus < de gouvernement, dont l’économie est détruite et où le chaos règne souvent> 13.
Les Etats-Unis se sont employés, à l’approche des années 90 et durant ces années, à s’assurer au moins de trois choses:
-1) Hypothéquer tout changement progressiste en neutralisant les réformes nationalistes radicales par des cohabitations contre-nature: Lancaster House, Namibie SWAPO-DTA, Inkhata-ANC-PN, MPLA-UNITA, FRELIMO-RENAMO, FRODEBU-UPRONA, etc ceci afin d’avoir des gouvernements de coalition ou des régimes dont l’objectif commun se bornerait à chercher l’intégration dans l’économie mondiale.
2) Soutenir la stratégie des institutions de Bretton-Woods, avec emphase sur le marché, le désengagement de l’Etat et la governance.
3) Alimenter, tout en le contrant, certains courants de l’islamisme intégriste qui devient la nouvelle cible stratégique.
Ces priorités s’insèrent cependant dans un contexte où le Congrès, comme l’opinion publique, rechignent aux aventures africaines et à un surcroît d’aide. C’est ce que tente de contrer le lobby africain-américain. Mais son poids est négligeable lorsque l’on voit, comme la constaté Ben Yahmed, que bien représentant 12% de la population totale, cette communauté influerait 700 fois moins que la communauté juive qui ne forme que 2,5% de la population. Les Etats Unis consentiraient à chaque africain 1 dollar par an, contre 700 dollars par an pour un israélien.
Dès 1986, suite à la loi Gramm-Rudman-Hollings pour la réduction des déficits , la réduction de l’assistance militaire, à l’instar de l’aide économique aurait fait passer le financement de 279,2 millions à 11,39 millions.
L’échec de l’aventure somalienne, à priori en terrain conquis, mais qui a négligé les particularités culturelles de sous-clans et le statut des aînés, n’a pu être compensé par la surenchère médiatique. De même, la désagrégation du fleuron libérien- lien depuis 1847 avec l’Amérique des multinationales et garantie de la plus grande flotte navale américaine battant pavillon libérien - a laissé un goût amer.
A Washington, les fonctionnaires se chargent du suivi pragmatique des opérations alors que l’administration politique se hasarde à cautionner désormais une stratégie africaine de prévention et de règlements des conflits sous la coupole des Etats Unis. C’est ainsi que, croyons-nous, tant nos suggestions sur Africa Pax, que les idées de Mazrui concernant Pax Africana sont vidées de leur substance et récupérées par l’initiative américaine dénommée ACRF, . En prétendant, tout d’un coup, privilégier des solutions africaines aux problèmes africains, l’administration démocrate peut justifier la poursuite de sa coopération, si minime soit-elle en Afrique, et ne pas trop prêter le flanc aux critiques républicaines de gaspiller l’argent du contribuable. Ainsi l’ACRF selon Christopher: <...has many contingent elements. We would like to develop that force for use in various ways. Primarely, as a humanitarian concept at the present time, but also if the forces are there, trained, integrated and able to work together we have other options that we are completely deprived of, at the present time.George Moose, the assistant secretary for african affairs, has reported that his initial trip to Africa provided encouraging indications that African countries are prepared to supply the troops. We will consult with our european allies to see if they are prepared to help by providing the logistics and financial support..... at the same time, in each of the countries where i’ill be meeting with leaders, I’m going to be talking about the ACRF, urging them to--not only to contribute themselves, but to urge other african leaders to participate>.

Le président Tanzanien Mkapa a été le premier à applaudir l’initiative Pax Americana ACRF, en précisant que le fait qu’elle ne soit pas une force permanente, mais plutôt une entité agissant ponctuellement pour des opérations spécifique, était une bonne chose.
Le président Mandela pour sa part, a été plus sceptique, considérant que c’est là l’affaire des africains et d’eux seuls. Il ne manquait pas ainsi de rappeler que, à l’instar de la vente d’armes à la Syrie, que les américains n’avaient pas à dicter à l’Afrique du Sud sa politique extérieure.

 

A luta Continua

 

G.R.I.L.A (Groupe de Recherche et d’Initiative pour la Libération de l’Afrique)

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